Biographie

 

« Je ne puis regarder une feuille d'arbre... sans être écrasé par l'univers tout entier. »

Victor HUGO

 

Josquin Pouillon

 

 

Josquin Pouillon

 

 

« ... regarder la parure comme un des signes de la noblesse primitive de l'âme. »

Baudelaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Josquin Pouillon

 

 

 

 

 

 

 

 

Un voyage de mille lieux commence toujours par un premier pas...

 

 

 

 

 

 

 

 

Josquin Pouillon

Pour celui qui s'attarde devant elles, il est des peintures poreuses, des peintures spongieuses ou crevassées dans les lézardes desquelles le regard tente d'atteindre l'essence d'un visible, proie du chasseur-peintre. La peinture de Josquin Pouillon, au contraire, ne nous laisse pas errer, elle ne veut pas nous perdre mais nous guider vers sa clairière, sa contemplation.

Parce qu'elle dresse le visible à la verticale, parce qu'elle met le représenté dans le sens de la toile - ce qui lui confère cet aspect étage qui rappelle, ô combien, l'estampe japonaise - la peinture, ici, met au clair une topographie chatoyante.

«  Car le Japonais fait abstraction du reflet, posant des teintes plates l'une à côté de l'autre, des traits caractèristiques arrêtant des mouvements ou des formes  »

Van Gogh, lettre à Emile Bernard

Le peintre reprend le paysage aux affects de l'oeil. Tâches, rehauts, aplats, traits sédimentés les uns au-dessus des autres. Marqueterie du visible. C'est ainsi qu'on voit, d'abord.

Une tendresse, une enfance préservée, sous-tendent la peinture de Josquin Pouillon dont les strates, la linéature colorée rappelle les cartes géologiques entoilées suspendues devant le tableau noir. Sous son oeil attentif, le territoire devient sa propre carte.

Cartes silencieuses, traversées par l'énigme d'un chemin: le nôtre. Pré-couleur, troncs-traits aux fûts rouges et noirs, lac blanc. Il faut de la patience pour percer ainsi la taie du premier visible et enfoncer regard et pinceaux plus avant. Cet audacieux et tonique apparentement des couleurs dissout notre cynisme de contemplateur avisé. La main délicate, mais ferme, qui sépare le monde par frontières colorées n'est pas sans rappeler les sillons de Bram van Velde.

Josquin travaille le pastel à l'huile qui graisse si généreusement les tons. " J'ai trop travaillé à l'huile, la térébenthine m'a rongé les doigts. "

L'homme, l'oeuvre. Qui est-il donc celui qui nous convie à la vivacité dressée de ses toiles auxquelles il semble pouvoir faire éxecuter les plus ibvraisemblables figures ? L'anecdote - et Josquin n'en est pas avare - semble brouiller les pistes, mais reconduit toujours à la peinture.

" Mon grand-père a dormi au pied de la Joconde " En 63, Malraux prête le tableau aux Etats-Unis, Kennedy accueillera lui-même le précieux chef-d'oeuvre à l'aéroport. Le grand-père de Josquin, Maurice Sérullaz, conservateur en chef du cabinet des dessins, ne quittera pas le tableau de tout le voyage.

Peindre, copier les maîtres : des carnets traînent dans l'atelier parisien; s'y succèdent de magnifiques gravures de Rembrandt dont le peintre retrouve le fourmillement précis et inextricable du trait.

Pialat. Josquin sera la main, la peinture, la couleur Van Gogh durant les deux mois et demi du tournage. Lors d'une de ses colères homériques, Pialat s'empare du chevalet et l'envoie balader à une hauteur vertigineuse. Josquin : " Chevalet vole ! " L'ombrageux réalisateur s'incline. Le peintre a raison. La peinture n'aspire qu'à voler, quand bien même le peintre n'a pas d'ailes.

«  Le pays me parait aussi beau que le Japon pour la limpidité de l'atmosphère et les effets de couleur gaie. Les eaux font des taches d'une belle émeraude et d'un riche bleu dans les paysages. Des couchers de soleil orangé pâle, faisant paraître bleu les terrains. Des soleils jaunes splendides.  »

Arles, Lettre à Théo

Aventure de la couleur. Le paysage est debout, face à face plutôt que côte à côte, comme tranché, cadré derrière une meurtrière. Une incision, une saignée d'où sourd la toison d'or du visible. L'or, comme chez les primitifs italiens, fait partie de la palette du peintre qui parvient à l'utiliser si simplement comme une pâte terrienne ou boisée pour ne retenir que la phosphorescence solaire. La rosée.

Josquin peint à Paris et regarde la Creuse où il a ses racines. Tendre jardin que ce pays reculé, vert où l'eau affleure à chaque pas dans les prés. Etrangement, c'est dans la rigueur de cette peinture si peu imitative qu'un souvenir revient : l'enfant s'aventure jusqu'à mi-corps dans l'eau tiède et trouble du lac de Vassivière. Le sable invisible s'insinue, râpeux et doux à la fois, entre les orteils nus.

Comme à chaque fois qu'il y a de la peinture, elle nous a compromis dès le premier regard. " Regarde, c'est toi qui m'a fait ! " Le monde, nous rappelle le peintre, est suspendu à notre bienveillante vigiilance.

«  J'ai éreinté une toile hier, d'un cerisier contre ciel bleu, les jeunes pousses des feuilles étaient de l'orangé et de l'or, les touffes de fleurs blanches, cela contre le bleu vert du ciel étaient rudement glorieux. Malheureusement voilà la pluie aujourd'hui qui m'empêche de revenir à la charge.  »

Arles, Lettre à Emile Bernard

" Poignée de main ", écrit Van Gogh avant de signer.

Didier Goldschmidt

Paris, octobre 2012

Né à Suresnes (Seine), le 18 septembre 1961

Vit et travaille à Paris

Formation

1987 : Diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, atelier CUECO
1983-87 : Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (cours de M. CARON). Réalise des copies au Musée du Louvre (REMBRANDT, Guido RENI, Philippe de CHAMPAIGNE, Diego VELASQUEZ, Francisco GOYA)
1981-82 : Atelier Met de Penninghen (Préparation au Concours de l’ENSBA)
1979-80 : DEUG de Lettres modernes (Paris IV, Sorbonne)
1978 : Baccalauréat A7 (Dessin/Histoire de l'Art)

Prix & commandes

2001 : Décoration des Bureaux du Directoire des Assurances AZUR-GMF, Paris
1996-98 : Réalisation de divers story-boards pour des films publicitaires dont « GUERLAIN » réalisé par Wim Wenders, BIC réalisé par Josiane Balasko, SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
1994 : Pastels pour l’édition d’un Compact Disc et d’une plaquette par ERATO DISQUES (WARNER MUSIC)
1992 : Commande du Livre d’Or : Le Voyage au bout de la Nuit, par RAISON PURE
1991 : Constitution d’une collection « Musique » pour ERATO DISQUES
1990 : Assistant technique à la mise en scène sur le film Van Gogh de Maurice PIALAT (attaché spécialement à assister Jacques DUTRONC dans son rôle de peintre) ; réalise plusieurs copies de Van Gogh pour ce film
1989 : Primé au Concours PERRIER-JOUET
1989 : Obtient le 1er prix du Concours SINGER
1988 : Obtient le 1er prix au Concours AVENUE BANQUE organisé à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris

Collections

Diverses collections privées françaises, USA, japonaises, brésilienne

 

 

 

Josquin Pouillon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" Si chaque homme chaque jour jetait une fleur sur le chemin de son prochain, les routes de la terre seraient tellement plus agréables... "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" C'est la nature qui, à  intervalles réguliers, nous rappelle par son silence, qu'il faut nous purifier. "

Zhang Xianlang

 

 

 

Josquin Pouillon