Indiens

Nous regrettons de vous apprendre, ici, la mort de Josquin Pouillon, décédé le 28 mars 2020, entouré de celles qui l’aiment. Désespérés sont les vivants qui essayent tant bien que mal de survivre à cette tragédie sans nom. Nous avons en ce jour perdu un père, un mari, un frère, un fils et un ami, mais aussi un très grand artiste, dont l’œuvre, au-delà de sa poésie et de ses couleurs, le rend immortel. Je voudrais que l’on se souvienne de cette personne si spéciale et formidable, dont le seul défaut était d’être trop humain dans ce monde de fous. Ou trop fou dans ce monde de pauvres humains. Sa peinture, vivante et magnétique, traduit parfaitement sa sensibilité, sa vision d’un monde sans violences ni cruautés, dans lequel chacune des routes dessinées mènerait vers un idéal souverain. Nous entendons le chant des oiseaux sur les branches d’arbres, et le délicieux mouvement des ruisseaux, les meules de foins sous un soleil couchant, les chemins sans obstacles. En paix avec la nature, les indiens qu’il peint sont ses compagnons de voyage. Nous espérons qu’il repose aujourd’hui dans l’un de ces paysages, doux et lumineux, et que sa lumière continuera de rayonner à travers son œuvre, dans nos cœurs et dans les vôtres aussi. Un peintre et un poète comme il en reste peu, qui a toujours su peindre son propre paradis, loin des maux et des horreurs de notre monde. Bien que n’étant plus là, sa peinture célèbre la vie et doit continuer de vivre entre nos mains, à travers nos yeux, dans nos cœurs chauds de vivants.

Lou Pouillon